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Guide RGPD 8 min18 décembre 2025

Effacer son passé judiciaire d'Internet : est-ce possible ?

Une condamnation ancienne apparaît encore dans Google. Peut-on la faire disparaître ? La réponse dépend de plusieurs facteurs juridiques.

Le droit à l'oubli judiciaire

Le droit français reconnaît le droit à la réhabilitation : après un certain délai sans nouvelle condamnation, votre casier judiciaire est effacé (articles 133-12 et suivants du Code pénal). Mais cette réhabilitation ne s'applique pas automatiquement aux articles de presse en ligne ou aux décisions de justice publiées sur Internet.

Le RGPD ajoute un levier supplémentaire. L'article 10 prévoit que les données relatives aux condamnations pénales ne peuvent être traitées que sous le contrôle de l'autorité publique. Un site privé qui publie votre condamnation sans base légale enfreint potentiellement le RGPD.

Les sources à cibler

Articles de presse

Demandez l'anonymisation au média (remplacement de votre nom par des initiales). Si le média refuse, demandez le déréférencement à Google. La jurisprudence est de plus en plus favorable après réhabilitation.

Décisions de justice (Légifrance, Doctrine.fr)

Les décisions publiées doivent être pseudonymisées depuis le décret du 29 juin 2020. Si votre nom apparaît encore, signalez l'erreur au site. La CNIL peut intervenir.

Sites de presse judiciaire

Exercez votre droit à l'effacement (article 17 RGPD). L'intérêt public de l'information diminue avec le temps, surtout après réhabilitation.

Forums et blogs

Contactez le webmaster avec une demande RGPD. En cas de non-réponse, saisissez la CNIL ou l'hébergeur du site.

Google

Demandez le déréférencement via le formulaire juridique. Depuis l'arrêt Google Spain (CJUE, 2014), le droit à l'oubli s'applique aux résultats de recherche liés à votre nom.

La jurisprudence favorable

Plusieurs décisions récentes vont dans le sens du droit à l'oubli pour les condamnations passées :

  • CJUE, 2019 : Google n'a pas l'obligation de déréférencer mondialement, mais doit le faire sur toutes les versions européennes
  • Conseil d'État, 2020 : le déréférencement doit être ordonné si les données pénales sont « manifestement inadéquates, non pertinentes ou excessives »
  • CNIL, 2023 : mise en demeure d'un site de presse judiciaire pour non-pseudonymisation d'une décision après réhabilitation
  • Cour d'appel de Paris, 2024 : déréférencement ordonné pour un article de presse relatant une condamnation datant de plus de 10 ans, la personne ayant été réhabilitée

💡 Bon à savoir : Plus le temps écoulé depuis la condamnation est long, plus vos chances de déréférencement sont élevées. La réhabilitation judiciaire (automatique ou demandée) renforce considérablement votre dossier.

Identifiez toutes les sources qui vous mentionnent

oubli.me scanne Internet pour trouver toutes les traces associées à votre nom et automatise les demandes de suppression.

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