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Enquête 7 min6 janvier 2026

Sharenting : quand les parents surexposent leurs enfants en ligne

Avant même de savoir parler, un enfant français a en moyenne 1 300 photos de lui publiées en ligne par ses parents. Un phénomène aux conséquences sous-estimées.

Qu'est-ce que le sharenting ?

Le sharenting (contraction de "sharing" et "parenting") désigne la pratique des parents qui partagent régulièrement des photos, vidéos et informations concernant leurs enfants sur les réseaux sociaux. Selon une étude de l'Observatoire de la Parentalité (2024), 75 % des parents français publient des photos de leurs enfants en ligne, et 43 % le font au moins une fois par semaine.

Le problème est que ces publications créent une empreinte numérique avant même que l'enfant puisse donner son consentement. À 13 ans, un enfant découvre un historique de photos de lui qu'il n'a jamais choisi de partager : premiers bains, moments gênants, états de santé, comportements punis.

Les risques concrets

  • Vol d'identité : les photos d'enfants alimentent les bases de données de reconnaissance faciale et les faux profils
  • Pédocriminalité : une étude australienne a révélé que 50 % des images sur des forums pédocriminels provenaient de réseaux sociaux parentaux
  • Cyberharcèlement futur : des photos embarrassantes publiées par les parents deviennent des armes pour les harceleurs à l'adolescence
  • Atteinte au droit à l'image : l'enfant devenu adulte pourrait reprocher à ses parents d'avoir exposé sa vie privée
  • Exploitation commerciale : les données des enfants sont collectées par les plateformes pour du profilage publicitaire dès la naissance
  • Empreinte numérique indélébile : les images restent accessibles via les caches, les partages et les sauvegardes de tiers

Ce que dit la loi en France

La loi du 19 février 2024 relative au droit à l'image des enfants renforce considérablement la protection des mineurs. Elle prévoit que le droit à l'image de l'enfant est exercé conjointement par les deux parents et que l'exercice de ce droit doit respecter la dignité et l'intégrité morale de l'enfant.

En cas de désaccord entre les parents sur la publication de photos, le juge aux affaires familiales peut être saisi. Le juge peut également interdire à un parent de publier des images de l'enfant si cela porte atteinte à sa dignité. De plus, un enfant devenu majeur peut à tout moment demander la suppression des images publiées pendant sa minorité.

Les bonnes pratiques

  • Ne publiez jamais de photos d'enfants en public — restreignez à un cercle privé de proches
  • Évitez les photos montrant le visage de face (préférez les photos de dos ou de profil)
  • Ne partagez jamais de photos de bain, de nudité ou de moments humiliants
  • Désactivez la géolocalisation de vos photos avant de les partager
  • Demandez le consentement de l'enfant dès qu'il est en âge de comprendre (vers 7-8 ans)
  • Vérifiez régulièrement vos anciennes publications et supprimez celles qui posent problème
  • Sensibilisez votre entourage : demandez aux grands-parents de ne pas publier non plus

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